Les effets des polluants sur la santé

 L’origine des effets sur la santé de la pollution de l’air intérieur

D’après une étude danoise sur plus de 5000 jumeaux, il semblerait que 65 % des symptômes respiratoires liés à la pollution intérieure sont dus à des facteurs environnementaux et non pas génétiques. [19] Ainsi, la qualité de l’air intérieur a un véritable effet sur la santé humaine.

Jusqu’à aujourd’hui, les études se concentraient particulièrement sur les constituants de l’air (particules, polluants chimiques…) et le confort des occupants (température, humidité…) pour déterminer les effets de la pollution de l’air intérieur sur la santé. Récemment, de nouvelles études commencent à regarder la relation entre l’homme et le bâtiment comme une interaction complexe entre les habitants et un ensemble de facteurs physiques, biologiques, chimiques et de conception. En effet, le choix des lumières, du chauffage ou encore de l’ergonomie du bâtiment peut avoir des effets sur la santé et sur le confort des habitants. [24]

 Le syndrome des bâtiments malsains

Dans les années 1980 le concept du syndrome du bâtiment malsain (SBM) est apparu. Les causes sont encore mal connues car aucun test en laboratoire ne permet de le reproduire complètement. Beaucoup d’études épidémiologiques ont été réalisées et un certain nombre de facteurs ont pu être déterminés comme les polluants chimiques, les micro-organismes, les conditions physiques du bâtiment (température, humidité…) ou encore l’état psychologique. [35] Malgré les importantes incertitudes sur les causes du SBM, des symptômes ont pu être identifiés [33] :

  • La fatigue,
  • Les maux de tête
  • Des difficultés à se concentrer
  • Une irritation de la peau
  • Une inflammation des muqueuses (nez, yeux)
  • Des problèmes sensoriels

On peut constater que ces symptômes sont particulièrement subjectifs.

De manière à s’assurer de la corrélation entre la pollution de l’air intérieur et le SBM, une étude japonaise a été menée sur des personnes vivant dans de nouvelles constructions. Ce travail a été réalisé sur deux ans, entre 2004 et 2005, sur un total de 170 personnes habitants 48 logements différents. Dans chaque lieu, les polluants chimiques et les micro-organismes ont été mesurés régulièrement pendant toute l’étude. De plus, un questionnaire devait être complété par les habitants lors de chaque réalisation de mesure de manière à pouvoir suivre les symptômes. Les résultats de l’étude suggèrent que l’élévation de la pollution de l’air intérieur entraine une augmentation des risques d’apparition de SBM chez les occupants du logement. [36]

 Les effets sur la santé des principaux polluants

En vue de mieux maîtriser les campagnes de mesures et de prévention, l’Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur a réalisé une classification des polluants. Une première hiérarchisation a été effectuée en 2002 pendant laquelle 70 substances ont été considérées comme prioritaires. Par la suite en 2005, ce classement a été complété avec l’ajout de 29 substances. Aujourd’hui, les polluants sont divisés en cinq classes plus ou moins prioritaires : [26]

  • 7 substances « hautement prioritaires » (Groupe A)
  • 12 substances « très prioritaires » (Groupe B)
  • 50 substances « prioritaires » (Groupe C)
  • 22 substances « non prioritaires » (Groupe D)
  • 8 substances « inclassables » (Groupe I)

Tableau 1 : Les effets sur la santé humaine de quelques polluants de l’air intérieur 

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