Les sources potentielles de pollution

Les sources de pollution internes sont divisées en deux catégories :

  • les émissions discontinues (liées à l’activité humaine)
  • les émissions continues (liées aux échappements permanents de polluants des matériaux de construction). [33]

Les appareils à combustion

  Qu’ils soient émis par des appareils de chauffage domestique ou de production d’eau chaude, par des appareils de cuisson ou des cheminées à foyer ouvert, les produits de combustion contribuent largement à la pollution de l’air intérieur.

De nombreux polluants sont alors émis dont les principaux sont : le monoxyde de carbone (CO), les oxydes d’azote (NOx), le dioxyde de soufre (SO2), les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et les particules en suspension. [33] [26] [9] [10] [19]

 Le monoxyde de carbone

Le monoxyde de carbone (CO) est un gaz inodore, incolore et insipide produit par la combustion incomplète de toute matière organique, incluant les carburants fossiles (dérivés du pétrole), les déchets et le bois. C’est un gaz asphyxiant très toxique qui après absorption par l’organisme se fixe sur l’hémoglobine. [33] [10] [19] [23]

 Les oxydes d’azote

Le monoxyde d’azote (NO) et le dioxyde d’azote (NO2) sont produits par la combustion de carburants fossiles. Le NO est rapidement transformé dans l’atmosphère en NO2, substance beaucoup plus toxique. Le NO2, gaz brun rougeâtre, est un polluant industriel que l’on retrouve à l’intérieur des locaux notamment dans les cuisines équipées de chauffe-eau ou de cuisinières au gaz. [33] [10] [19]

 Le dioxyde de soufre

Le dioxyde de soufre (SO2) est un gaz incolore, plus lourd que l’air, et à forte odeur. Il provient essentiellement de la combustion du charbon et du pétrole qui contiennent des dérivés soufrés. Le SO2 est émis par une chaudière au fioul par exemple et possède une relative facilité d’absorption par le mobilier et les tissus. [33] [19]

Les hydrocarbures aromatiques polycycliques

Les HAP sont un groupe de substances chimiques émises lors de la combustion incomplète ou de la pyrolyse de matières organiques. Il existe plusieurs dizaines de HAP de toxicité variable dont le principal est le benzopyrène. On trouve ces substances dans les goudrons, les feux de bois des cheminées à foyer ouvert, les poêles à bois ou à charbon, la fumée de tabac et les fumées dégagées par les activités de cuisson (friture, barbecue). [33] [10] [19]

 Les particules en suspension

Les particules sont constituées de fines matières liquides (brouillards) ou solides (poussières, fumées) dans l’air ambiant. Elles se forment par condensation (lors de combustions incomplètes), par accumulation ou par pulvérisation mécanique. Elles sont directement émises ou résultent de réactions chimiques entre précurseurs. Elles peuvent être d’origine naturelle ou dues aux activités humaines (chauffage, centrales électriques, industries, cheminées à foyer ouvert, fumée de tabac). [33] [10] [19] [23]

La fumée de tabac

 

La fumée de tabac est la principale nuisance des espaces clos et un des polluants les plus meurtriers. La fumée est extrêmement nocive pour le fumeur mais elle l’est également pour le non-fumeur qui subit le tabagisme passif. Il se définit par le fait d’inhaler de manière involontaire la fumée dégagée par un ou plusieurs fumeurs.

 

La fumée de tabac a une composition très complexe. Elle contient deux phases :

  • une phase particulaire,
  • une phase gazeuse.

Sa composition dépend de l’apport en oxygène et de la température de combustion.

La fumée de tabac contient plus de 4000 substances : arsenic, composés inorganiques (CO), composés organiques (hydrocarbures), nicotine, goudrons, métaux et plus de 50 polluants classés cancérogènes. [33] [26] [9] [10] [19] [23]

Les produits domestiques et activités intérieures

Dans notre vie quotidienne, nous nous exposons à de nombreux polluants contenus dans les engrais pour les plantes d’intérieur, les insecticides, les boules antimites, les parfums d’ambiance (encens, huiles essentielles, bougies parfumées) pour désodoriser l’air intérieur, les produits ménagers, de soin et de bricolage, les poils d’animaux, les imprimantes et photocopieurs. Tous ces produits affectent la qualité de l’air que nous respirons, de façon plus ou moins importante en fonction des composants qu’ils renferment.

Les polluants émis principalement sont : les HAP, les particules en suspension, l’ozone et les composés organiques volatils (COV) comme le benzène et le formaldéhyde. De plus, la présence d’acariens et de moisissures (dues à une humidité importante) entraîne l’émission d’allergènes. [33] [26] [9] [10] [19] [23]

Matériaux de construction et d’équipement

Ces matériaux peuvent être classés de plusieurs façons et dans différentes catégories :

  • Isolation : produits de recouvrement, dalles, fibres minérales artificielles (amiante, laine de verre, laine de roche), fibres organiques d’isolation.
  • Equipement : planchers, contre-plaqués, mobilier de bois agglomérés contenant des résines, des colles, des insecticides et des fongicides pour le traitement du bois.
  • Décoration : tissus d’ameublement, revêtements de sol (moquettes), peintures et vernis.

Cette classification sépare les matériaux en fonction de leur usage et non en fonction des substances émises. Pour plus de clarté, ils seront abordés par la suite suivant leurs émissions potentielles : composés organiques volatils (COV), phtalates, plomb, amiante. [33] [26] [9] [10] [19] [23]

Les composés organiques volatils

Les COV ont comme caractéristique commune d’être formés de molécules organiques et de s’évaporer à la température ambiante. Certains sont toxiques, d’autres allergisants et quelques uns ne semblent pas poser de problème. Les COV proviennent d’émissions générées par des matériaux présents dans les locaux et d’émissions ponctuelles lors de travaux de bricolage et d’entretien. Ils peuvent aussi être adsorbés par les moquettes et les revêtements muraux par exemple avant d’être réémis dans l’air contribuant ainsi à une prolongation de l’exposition.

Les COV appartiennent à différentes familles chimiques : les alcools, les aldéhydes, les cétones, les éthers de glycols et les terpènes. Deux composés sont particulièrement étudiés car très nocifs : le benzène et le formaldéhyde. [33] [10] [19] [23]

L’article R. 4412-162 du Code du travail stipule qu’il est interdit d'employer des dissolvants ou diluants renfermant, en poids, plus de 0,1 % de benzène, sauf lorsqu'ils sont utilisés en vase clos. Cette interdiction s'applique dans les mêmes conditions à toute préparation, notamment aux carburants utilisés comme dissolvants ou diluants. [8]

Pour le benzène, une valeur limite d'exposition professionnelle réglementaire contraignante a été définie. Les concentrations en benzène, présentes dans l'atmosphère des lieux de travail, ne doivent pas dépasser 1 ppm (3,25 mg/m3) calculées sur une période de 8 heures. [20]

Le respect de la valeur limite doit être contrôlé au moins une fois par an par un organisme accrédité par arrêté ministériel (article R. 4412-76). De tels contrôles peuvent également être effectués sur mise en demeure de l'inspection du travail. [8]

Les phtalates

Les phtalates sont couramment utilisés comme plastifiants dans les matières plastiques, en particulier le PVC (polychlorure de vinyle) pour former les plastisols. Ils sont présents dans beaucoup de produits en PVC qui nous entourent : cadres pour fenêtres, ballon, nappes, tuyaux, rideaux de douche, imperméables, colles, dallages, lubrifiants et fils. Ils constituent souvent l’emballage de produits alimentaires (lait, margarine, fromage, viande, poisson) et peuvent se retrouver dans l’air où ils se lient aux poussières. [33] [10] [19]

Le plomb

L’intoxication au plomb (polluant très toxique) ou saturnisme constitue une menace pour la santé. L’homme est exposé au plomb présent dans l’air, les poussières, l’eau du robinet, la nourriture et plus particulièrement dans certaines peintures [33] [10] [19] [23]. Pendant longtemps ces dernières contenaient des métaux lourds tels que le plomb pour pouvoir répondre à toutes les caractéristiques esthétiques recherchées. Ce métal a été interdit à l’utilisation dans les habitations en 1948 en France. Par contre, en remplacement, d’autres substances telles que le mercure ou l‘arsenic ont été utilisés et furent abandonnés dans les années 60 en France. [35]

 L’amiante

L’amiante est une fibre naturelle extraite par broyage des roches de silicates. Bien qu’interdit en France depuis le 1er janvier 1997, ce polluant se retrouve toujours dans les établissements privés et publics (notamment les bureaux, les écoles et les bâtiments administratifs) car c’est un très bon isolant résistant au feu. Ces fibres d’amiante présentent encore à l’heure actuelle des risques sérieux de pollution des locaux par dispersion des fibres due à la dégradation des matériaux. [33] [10] [19] [23]

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